17 janvier 2009
le point sur Robert
Fabrice Lucchini seul en scène ! Était-il vraiment seul ?
Il y avait l'intellectuel sagement assis sur sa chaise qui lisait (et récitait) avec application des textes réputés difficiles (et même ennuyeux) de Roland Barthes, Paul Valery ou Nietsche en faisant sonner les phrases et rouler les mots dans sa bouche comme pour déguster leur sens et leur musicalité
Et puis il y avait le clown facétieux qui prenait le public à partie, le plaignant de l'effort qu'il faisait pour suivre le spectacle, allant jusqu'à proposer le remboursement à ceux qui s'étaient fourvoyés là, croyant s'amuser... Mais ils auraient eu tord de partir, ces spectateurs qui se croyaient mal orientés, car ils auraient raté le Pierrot gesticulant sur la scène pour évoquer le film qu'il avait tourné avec Eric Rohmer sur Perceval le Galois : tout en récitant des vers de Chrétien de Troyes, il était tout à fois le chevalier, la reine,la tour de guet ou même les chevaux
Le public conquis était prêt à accepter n'importe quelle épreuve jusqu'à répéter en choeur des paroles obscènes sans l'ombre d'un reproche ou d'un mouvement d'impatience
À la fin du spectacle par une splendide pirouette dont il seul capable, Fabrice Lucchini nous replongea dans les hautes sphères de la poésie avec des poèmes de Rimbaud
Un spectacle ? Plus que cela : la rencontre avec un acteur complet, comédien, clown, danseur, chanteur, imitateur, lecteur prestigieux qui dès son entrée en scène jouit d'une étonnante et complète complicité avec son public