21 janvier 2009
George Sand et Frédéric Chopin
Lorsque Frédéric Chopin arrive à Paris en 1831, il a 21 ans une santé fragile et, déjà, toutes les marques du génie. Il fréquente les salons les soirs d'hiver. Pour échapper au froid humide, à la mélancolie ambiante, au deuil des feuilles mortes, la vie mondaine offrait aux plus favorisés le refuge de ses salons lambrissés, où l'amitié de convention et le bavardage mêlé de médisance créent une fausse impression de chaleur. C'est là qu'un soir d'automne fait irruption une femme de forte personnalité, à la santé éclatante et au caractère déterminé, Aurore Dudevant, écrivain qui a pris comme nom de plume : George Sand. Tout l'opposait au souffreteux pianiste
Il n'est pas interdit d'imaginer qu'en elle la surabondance de vie impressionne et attire celui qui sent couler dans ses veines un sang appauvri. Leur liaison durera 9 ans. En fait un rapport mère-fils si l'on sait que George avait 6 ans de plus que Frédéric
Pour l'écrivain, subjuguée par sa conquête, le compositeur était un ange !
Elle écrit : " je commence à croire qu'il y a des anges déguisés en hommes qui se font passer pour tels, et qui habitent la terre quelque temps pour consoler et pour attirer avec eux vers le ciel de pauvres âmes fatiguées et désolées, prêtes à périr ici-bas "
Au début de leur liaison elle a la mauvaise idée d'emmener son protégé dans l'île de Majorques pour affermir sa santé. Les conditions d'hébergement y sont déplorables :
" Un mois de plue en Espagne et nous mourions, Chopin et moi, lui de mélancolie et de dégoût, moi de colère et d'indignation" Pourtant Chopin y a écrit ses plus beaux préludes et de splendides études. Sand est au paradis : "je me suis tellement habituée à le voir dans le ciel qu'il ne me semble pas que sa vie ou sa mort prouvent quelque chose pour lui. Il n e sait pas bien lui même dans quelle planète il existe. Il ne se rend aucun compte de la vie comme nous la concevons et comme nous la sentons"
Sand travaille sans relâche, enchaînant roman après roman et Chopin donne des concerts et des leçons pour maintenir son train de vie
Frédéric fragilisé, épuisé , jaloux ne survivra que deux ans à leur rupture Il meurt en 1849 : il a 39 ans !