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notes de lecture et photos de famille

27 mars 2009

les âmes fortes

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Lorsque j'ai vu le film que Raoul Ruiz a tiré du roman de Giono, j'ai ressenti un certain malaise devant cette histoire éclatée en épisodes que l'on a du mal à raccorder les uns aux autres
la lecture du livre, comme toujours, révèle un jour nouveau. Alors qu'elle est venue à une veillée mortuaire ( grand passe-temps pour les vieilles personnes) Thérèse raconte sa vie. Mais celles qui l'écoutent commentent son histoires et n'hésitent pas à corriger certains faits reprenant chaque événement avec un éclairage différent sans tenir compte de la chronologie
Le malaise reste tout de même à la lecture du livre d'autant plus que l'on comprend mieux le regard que jean Giono porte sur ses personnages : c'est sinistre !
lorsque toute jeune, Thérèse s'est enfuie de chez elle pour suivre son amoureux Firmin, elle a vite compris quels étaient ces atouts. Elle sait qu'il existe des gens dont la vocation et le plaisir sont de faire le bien autour d'eux. Même s'ils ne rencontrent qu'ingratitude
" Ils soulagent de telle façon et si totalement et surtout si au-delà, que les gens soulagés s'envolent tout de suite comme des oiseaux et s'en vont à leurs affaires d'oiseaux "
Thérèse, avec un sens savant de la mise en scène, va se placer, avec son bébé dans les bras, sur le trajet de Mme Numance. Celle-ci sera tout à fait conquise et traitera Thérèse comme sa fille. Mais Firmin ,ébloui par la richesse de ses bienfaiteurs, mettra sur pied une crapuleuse affaire qui se terminera dans le drame. Thérèse le lui fera payer cher : elle le détruira méthodiquement
" Thérèse était une âme forte. Elle ne tenait pas sa force de la vérité ; la raison ne lui servait à rien... Ce qui faisait la force de son âme, c'est qu'elle avait une fois pour toutes trouver une marche à suivre

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Le nouveau protocole

en habillant son film d'une intrigue policière, le réalisateur Thomas Vincent réussit à dénoncer de façon virulente et sans jamais ennuyer, les pratiques scandaleuses des grosses firmes pharmaceutiques
une grande idée se dégage de la politique des laboratoires : les médicaments demandent beaucoup de temps et d'investissements pour être mis au point. Il faut donc les rentabiliser. De là découlent plusieurs conséquences :
_ les médicaments seront d'abord créés pour ceux qui peuvent les payer. Il ne s'agit pas, en priorité, d'éradiquer les maladies chroniques des pays sous-développés, mais de proposer des soins aux patients capables de les payer
_ dans les pays riches, on en est arrivé à créer une véritable psychose. Le médicament est devenu indispensable à la vie, c'est notre sauveur. Chaque stress, chaque douleur, chaque accident a comme conséquence la prise d'un médicament. L'homme riche est conscient de sa fragilité : il ne peut vivre sans médicament. La production est assurée
Pou étayer leurs recherches les laboratoires pharmaceutiques créent des protocoles : on paye des volontaires pour tester des molécules en cours d'élaboration ou des placébo ( c'est le sujet du film). Ou alors, sous couvert d'aide humanitaire, on vaccine généreusement des populations entières de pays du tiers monde qui servent de cobayes gratuits et reconnaissants à des médicaments qui ne sont pas encore au point

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10 mars 2009

Le roman russe

Dans son essai sur Dostoïevski, André Gide fait un savant parallèle entre le romancier russe et Balzac :
" Nous tous,Français, tant que nous sommes, nous nous dessinons nous-mêmes et selon un idéal balzacien... Nous agissons sans cesse comme nous estimons que l'être que nous sommes, que nous croyons être doit agir... En regard de cela, que nous présente Dostoïevski ? Des personnages qui, sans aucun souci de demeurer conséquent avec eux-mêmes, cèdent complaisamment à toutes les contradictions, toutes les négations dont leur nature est capable ! "
On peut également trouver chez le romancier russe un appel à la rédemption et à la souffrance
On peut lire dans les possédés ;
"Quand tu abreuveras la terre de tes larmes, quand tu en feras présent, ta tristesse s'évanouira aussitôt et tu seras tout consolé
...... l'homme n'a fait qu'inventer Dieu pour vivre sans se tuer."

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la mélancolie

IMGP0086Télérama publie un article dans lequel on demande au dessinateur Sempé pourquoi tous ses dessins sont empreints de mélancolie
" La mélancolie, répond-il, fait partie de la vie. Parce qu'on se rend compte que tout est fragile : les relations humaines, l'existence, la lumière même... C'est lié au temps qui passe, au temps qu'il fait "
A ce sujet, je me souviens que le comédien MIchel Bouquet, pour tant avare de confidences, a répondu un jour à un journaliste qui lui demandait quel plaisir il avait à incarner tant de personnages : "Vous savez, c'est difficile de vivre !" C'était la réponse qu'il avait trouvé à la mélancolie. Mais tout le monde n'est pas capable, bien que le théâtre d'amateur soit devenu à la mode, d'oublier sa personnalité en entrant dans celle des autres. mais les personnages de théâtre ou de roman ne sont pas réels, ils sont nés dans l'imagination d'un auteur Nous avons pris l'habitude de voir le monde non pas comme il est vraiment, mais comme on a dit qu'il était
Ne s'agit-il pas d'une tricherie ? mais peut-on supporter la vie sans tricher ?
Comment faut-il vivre selon Paul jean Toulet
Si vivre est un devoir, quand je l'aurais bâclé
Que mon linceul au moins me serve de mystère

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04 mars 2009

l'ami Butler

IMGP0083C'est le premier roman de Jérôme Lafargue : Timon, un jeune écrivain à la mode apprend soudain que sa femme qu'il adore est atteinte d'un cancer et que ses jours sont comptés. Timon quitte la vie parisienne et ses fastes pour se retirer dans un petit village isolé. Mais, incapable de rester sans écrire, il rédige la biographie d"un écrivain imaginaire qu'il nomme Owen .W.. Butler
Bien qu'il n'ait montré son texte à personne, Timon reçoit la visite d'un homme qui prétend être l'ami Butler...
" Butler pouvait être une simple et réelle incarnation d'un être fictif ; le spectre d'un Butler écrivain ayant existé pour de bon ; un plaisantin ayant eu vent de mes travaux ; un voyageur intemporel facétieux ; une entité extraterrestre testant quelques individus fragiles ; une projection fantasmagorique d'un double éventuel ; un ancêtre, dont je me serais inspiré inconsciemment, revenu me hanter..."
Butler offre une solution miracle qui délivrera Timon de son angoisse et sa femme de son cancer. Il suffit simplement de permuter les rôles : c'est Butler qui deviendra l'écrivain et Timon et sa femme ne seront plus que des personnages de fiction soumis au bon vouloir de l'auteur
L'idée est plaisante et le style est agréable. Malheureusement, comme dans tous les premiers romans, l'intrigue souffre de complications inutiles et de personnages superflus qui alourdissent l'histoire et lui enlèvent son caractère de fable onirique

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