22 octobre 2009
platon et la caverne
Les deux références incontournables de l'apprenti philosophe sont Socrate et Platon. Sauf que le premier n'ayant jamais rien écrit n'est connu que par les écrits du second on ne pourra jamais savoir si Socrate n'est pas tout simplement un personnage de roman.
Avant lui, l'école de Millet avait soulevé le problème de la fuite du temps ( " on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve ") Qu'est ce qui reste à travers le devenir et l'éphémère ? Platon propose une réponse Seules les idées sont éternelles, simples et absolues. La connaissance vraie n'exista qu'au niveau des idées Dans le fameux mythe de la Caverne des hommes enchaînés ne voient de la réalité que des ombres projetées sur le mur qui est devant eux. Si un prisonnier se libère, il pourra avoir accès à la vraie lumière, c'est à dire aux Idées. Il sera tout d'abord ébloui par le soleil, puis s'habituera peu à peu à cette nouvelle conception de la vie avec ses nouvelles valeurs de liberté, d'égalité et de justice.
Mais il devra retourner dans l'antre de la caverne pour essayer de sauver ses anciens camarades. Il sera l'objet de leur moquerie et de leur incrédulité. Mais il ne pouvait pas garder sa découverte pour lui car la condition humaine est ainsi faite que l'homme ne peut pas fuir hors de lui-même vers un au-delà qui ne serait plus humain. C'est à condition d'accepter ses limites qu'il peut jeter un regard ailleurs
20 octobre 2009
Bergson
Dans son admirable livre sur l'étonnement philosophique Jeanne Hersch nous montre que la philosophie est née et s'est développée grâce à des hommes qui se sont posés des questions sur la vie et le monde
Bergson pensait que bien que toutes les sciences soient absolument admirables, quelque chose d'essentiel leur échappe. Il faut donc distinguer "l'espace-temps "où se développe les sciences pures et " la durée pure, " dimension de la liberté humaine
Sa première idée forte développée dans Matière et Mémoire est : le cerveau n'est pas l'organe qui contient toute la mémoire, mais l'organe de l'oubli qui sélectionne dans le moi profond ce qui peut être actuellement utile en vue d'une action efficace.
L'évolution créatrice, par contre, rend hommage à la la fantastique diversité des espèces vivantes et à leurs capacités d'adaptation aux besoins vitaux
Bergson conçoit la réalisation d'une force radicalement créatrice qu'il appelle l'élan vital et qui travaille la matière en vue d'une fin mais sans représentation préexistante d'un résultat à atteindre. Mais si la vie est avant tout créativité comment se fait-il qu'elle se répète d'une façon identique au sein de chaque espèce ?
Pour Bergson , qui ne connaît pas la biologie moléculaire, cette perte d'élan vital, qui devrait faire sans cesse évoluer les espèces vers des formes nouvelles, vient de l'inertie de la nature.
L'élan vital, écrit-il, s'est développé dans deux directions divergentes :
- L'instinct permet aux êtres ( les insectes, par exemple ) de s'adapter de façon sûre et aveugle à leur environnement naturel. Il invente des organes
- L'intelligence, par contre, tâtonne, se trompe souvent, et invente des outils qui aideront l'homme à satisfaire ses besoins. Elle n'est à l'aise qu'avec la matière inerte.
" Il y a des choses que seule l'intelligence est capable de chercher mais que, laissée à elle-même, elle ne trouvera jamais. Ces choses-là, l'instinct les trouverait ; mais il ne les cherchera jamais "
10 mars 2009
la mélancolie
Télérama publie un article dans lequel on demande au dessinateur Sempé pourquoi tous ses dessins sont empreints de mélancolie
" La mélancolie, répond-il, fait partie de la vie. Parce qu'on se rend compte que tout est fragile : les relations humaines, l'existence, la lumière même... C'est lié au temps qui passe, au temps qu'il fait "
A ce sujet, je me souviens que le comédien MIchel Bouquet, pour tant avare de confidences, a répondu un jour à un journaliste qui lui demandait quel plaisir il avait à incarner tant de personnages : "Vous savez, c'est difficile de vivre !" C'était la réponse qu'il avait trouvé à la mélancolie. Mais tout le monde n'est pas capable, bien que le théâtre d'amateur soit devenu à la mode, d'oublier sa personnalité en entrant dans celle des autres. mais les personnages de théâtre ou de roman ne sont pas réels, ils sont nés dans l'imagination d'un auteur Nous avons pris l'habitude de voir le monde non pas comme il est vraiment, mais comme on a dit qu'il était
Ne s'agit-il pas d'une tricherie ? mais peut-on supporter la vie sans tricher ?
Comment faut-il vivre selon Paul jean Toulet
Si vivre est un devoir, quand je l'aurais bâclé
Que mon linceul au moins me serve de mystère
18 décembre 2008
ceux qui ne comprennent pas
je lis dans le dernier Télérama un entretien avec le philosophe Jacques Rancière concernant la nouvelle mode du déferlement à la télévision et dans les journaux de quantité d'experts sensés expliquer aux pauvres demeurés que nous sommes ce que nous n'aurions jamais compris sans eux
J'en extrait ce passage
" Après les événements de 1968; les gouvernements débordés ont compris que leurs outils de compréhension de la société n'étaient plus adaptés. On a alors commencé à donner de l'importance à une parole intellectuelle " symptomatique " : les intellectuels sont devenus des spécialistes des symptômes, des médecins qui font des diagnostics, qui déplorent et jouent les oracles, mais ne soignent pas. On les interroge, on les cite, mais ils sont priés de ne proposer aucun remède ! ils sont là pour dire que la société est malade ... et le répéter encore et encore, en convoquant tous les lieux communs par lesquels, depuis très longtemps, les élites déclarent la maladie de leurs contemporains "
Et un peu plus haut cette remarque classique des "experts "
" il y a trop d'images intolérables à la tété, on va vous en montrer un tout petit peu, et surtout on va vous les expliquer. Parce que le malheur des victimes, n'est ce pas, c'est qu'elles ne comprennent pas très bien ce qui leur arrive ; et votre malheur à vous, téléspectateurs, c'est que vous ne le comprenez pas plus. Heureusement nous sommes là ! "