23 avril 2009
italo SVEVO
ITALO SVEVO est né à Trieste en 1861; En plus de son célèbre roman : La conscience de Zéno il a écrit des nouvelles dans lesquelles il parle de la vieillesse à laquelle ( dès 1928 ! ) on manque de respect :
Dans ma jeunesse on n'honorait que les vieux... Maintenant, je suis vieux et on ne respecte que les jeunes. j'ai traversé la vie sans qu'on m'ait jamais respecté. Voilà qui a dû faire naître en moi une certaine antipathie pour les jeunes d'aujourd'hui et pour les vieux qu'on respectait hier
Son médecin n'est guère encourageant :
Il dit que le corps d'un homme de notre âge ne tient en équilibre que parce qu'il ne sait pas de quel côté se résoudre à tomber. Il importe donc de ne pas lui montrer de quel côté il pourrait tomber, car alors il se déciderait facilement
On ne survit que grâce aux médicaments ; Cela ne fait pas de doute, une bonne partie de mon présent s'alimente à la pharmacie...On comprend aisément que chacun de mes organes après tant d'années de travail, puisse se sentir fatigué et qu'il accueille avec faveur le secours qu'on lui apporte : j'offre à mes organes l'aide qu'ils n'ont jamais réclamé... La prudence est une belle chose, et c'est pourquoi chaque lundi, je fais cadeau à mon foie d'une pilule qui le protège contre des maladies imprévues, tout au moins jusqu'au lundi suivant
17 avril 2009
Lord Jim
Un écrivain est quelqu'un qui sait raconter une histoire en intéressant le lecteur même si celui-ci doit faire un effort pour comprendre. C'est exactement ce que fait Joseph Conrad : Ce n'est pas Jim qui raconte sa vie mais Marlow, un vieux capitaine avec qui il a eu une conversation dans un hôtel où " il y avait des couples bourgeois dont les voyages ne semblaient pas dissiper l"ennui qu'ils s'imposaient mutuellement" Comme la conversation se prolonge tard dans la nuit, Marlow raconte : "Derrière lui, la nuit sombre et l'éclat lointain des étoiles disposées en plans successifs donnaient l'impression de plonger son regard dans une obscurité plus totale encore" Au delà de l'histoire que Marlow va raconter en intercalant, au mépris de la chronologie, des témoignages glanés au cours de ses voyages, on sent très vite que ce n'est pas le récit qui est important mais la vie des marins, la dignité de l'homme, le sens de l'honneur et de la fidélité
Jim est bien sûr coupable d'avoir abandonné son navire dans un naufrage et ne se pardonne pas sa faute, mais ce qui est important c'est qu'il croit possible sa rédemption. C'est un rêveur ! " il n'est pas bon de s'apercevoir que l'on n'est pas capable de faire de son rêve une réalité parce qu'on n'est pas assez fort o pas assez intelligent" pourtant quelqu'un va donner sa chance à Jim en l'envoyant dans une île lointaine où son dévouement et son abnégation feront merveille. Il deviendra un dieu pour les habitants : "comme s'il avait était un de ces êtres d'exception dont seule l'ampleur de la gloire peut donner la mesure" Jim va rencontrer une jeune fille qui tombe amoureuse de lui : "sa tendresse planait sur Jim comme de grandes ailes palpitantes"
mais ni cet amour ni la considération de la population n'empêcheront Jim opposé aux forces du mal, représentées par un forban ,de sacrifier sa vie pour retrouver son honneur et sans doute payer sa dette à la société
04 février 2009
Leila
Lorsque George Sand écrit Léila, elle n'a pas encore 30 ans mais son caractère est déjà affirmé et certains lecteurs voient dans ce roman un e description de l'écrivain
Léila est une belle femme insensible et hautaine :
" La majesté pleine de tristesse qui entourait Léila comme d'une aurélle l'isolait presque toujours au milieu du monde : c'était une femme qui, en public, ne se livrait jamais à ses impressions. Elle se cachait dans son intimité pour rire de la vie, mais elle la traversait avec une défiance haineuse et s'y montrait sous son aspect rigide pour éloigner d'elle' autant que possible, le contact de la société"
Son tempérament de fer est à l'étroit dans son corps de femme
" Femme, j'aurais aimé les combats, l'odeur du sang, les étreintes du danger"
Elle se complet avec des amants beaucoup plus jeunes qu'elle ( on pense à Musset et à Chopin) qu'elle traite comme des enfants :
" À ton âge l'imagination gâte les fruits les plus savoureux, appauvrit toutes les jouissances ; à ton âge on ne sait profiter de rien, on veut tout connaître, tout posséder, tout épuiser"
Le pauvre Sténio, jeune poète amoureux devra se contenter d'un amour maternel :
" Tenez, je n'ai jamais été mère, mais j'ai pour vous le sentiment que j'aurais eu pour mon fils"
Malgré les expériences plus ou moins mystiques qu'elle a tenté, Léila est dévorée par l'ennui :
" Tout s'épuise pour moi, tout s'en va. C'est un grand malheur de n'avoir pu s'attacher à rien et de ne pouvoir plus rien désirer sur la terre
